J'ai connu Hervé Claude au temps du journalisme puis au temps de l'écriture.
L'homme a gardé la fraîcheur de l'enthousiasme au contact du monde, toujours.
La curiosité est dans sa voix, son regard et toute la mobilité de son âme.
Lorsqu'il présentait le 20H sur Antenne 2 on pouvait déjà reconnaître l'écrivain derrière le journaliste.
Aujourd'hui cette qualité d'écriture existe t'elle encore à la télévision ?
Je viens de lire son dernier polar "Les mâchoires du serpent" (Actes Sud, nov 2012) comme on engloutirait une forêt noire. L'Australie comme dans ses précédents livres reste le décor et imprègne le roman. Mais pour la première fois Hervé Claude aborde la question aborigène. Passionnant. Cela n'engage que moi, mais ce récit est peut-être le plus abouti. Courez chez votre libraire préféré et laissez vous emporter jusqu'à la "porte de l'enfer, autrefois la seule porte d'entrée pour les navires en quête d'un havre plus tranquille sur la côte ouest de Tasmanie".
Extrait - " Ashe dans les nuages et une terre ocre à l'infini sous les ailes de l'avion. Et puis soudain des rochers un peu plus rouges pour rompre la monotonie du tapis qui déroulait son immensité sous eux. Comme une ponctuation. Ils volaient à mille mètres d'altitude et ils distinguaient parfaitement le sol. Sauf qu'il n'y avait rien, rien de rien, à part le sable ocre et des rochers de temps en temps.
Mieux qu'en roulant sur des pistes interminables et monotones, c'est en survolant le pays qu'on mesure sa dimension vide et absurde... "